Se remettre d'un deuil périnatal de jumeaux

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 aurélie -
Bonjour. Je m'appelle Aurélie et j'ai 28 ans. Après 4 semaines d'hospitalisation pour une première grossesse, j'ai perdu mes 2 petits anges Inès et Nolan le 14 septembre 2008 à 24 semaines. Ils n'ont survécu que quelques heures à peine. Je n'arrive pas à trouver de réponses cohérentes entre les deux hôpitaux qui m'ont soignée. L'un me dit que c'est mon col de l'utérus qui n'a pas supporté les jumeaux, l'autre me dit que c'est une bactérie qui a ouvert mon col. Le résultat est le même. Je souffre terriblement de la perte de mes bébés, du vide immense qu'ils laissent et plus Noël approche, plus c'est dur. Comment avez-vous réussi à surmonter un drame aussi cruel ? Merci pour votre aide et vos témoignages.

21 réponses

J'ai vecu le deuil de mon bébé à la naissance, 15 jours avant la date prévue d'accouchement. Nous n'avons pas eu de réponse non plus quant aux causes. C'est normal que vous ayez du mal à surmonter cela, surtout à l'approche des fêtes. Vous n'oublirez jamais cet épisode dramatique mais avec le temps, on y pense moins souvent. Ensuite, vous pourrez à nouveau faire des projets. Bon courage.
Merci d'avoir pris un peu de votre temps pour me répondre, j'espère que l'avenir sera moins sombre pour nous.
J'ai perdu mes premiers jumeaux à 4,5 mois de grossesse. J'ai accouché de mes bébés mais ils n'ont pas été réanimés (à 10 jours prêts). Personne n'a su me donner d'explications. Beaucoup de contractions, pas assez de repos, le col s'est ouvert, peut-être avais-je une infection. On n'a rien pu faire pour arrêter le travail. Après 4 jours d'hospitalisation, je perdais les eaux et accouchais de mes bébés. J'ai repris mon boulot 15 jours après, j'ai voulu tourner la page rapidement. Mais ça n'a pas été facile, je craquais souvent le soir. Il faut aller de l'avant, parler à son mari, à ses proches, à un psy... Il faut évacuer. A votre prochaine grossesse, vous serez très surveillée. On tourne la page mais on ne l'efface pas. Bon courage.
C'est arrivé à une amie proche. Son foetus n'était pas viable. C'est aussi arrivé à un ami dont le bébé avait une malformation cardiaque. C'est difficile à accepter mais ce que je peux vous dire, c'est que mes deux couples d'amis attendent en ce moment chacun un nouveau bébé et que tout se passe bien à 5 mois. Il faut croire en cet avenir parce que vous êtes encore jeune pour dépasser ce drame. Plein de courage à distance et d'affection pour vous.
J'ai 36 ans. Il y a presque 12 ans, moi aussi j'ai vécu un drame. Une grossesse de monozygote, de vrai jumelles. A 26 semaines, Marie est décédée et j'ai mis 10 ans à prononcer son prénom. Mon autre fille Florine est née après cette grossesse très compliquée car j'ai dû garder Marie dans mon ventre pour faire vivre Florine et à 37 semaine, j'ai accouché. Souvent, je regarde ma fille en me disant que Marie avait le même visage. On ne se remet pas d'une grossesse difficile alors il faut beaucoup de temps, parler, évacuer. Je ne l'ai pas fait car personne n'a compris. Je venais de mettre une petite fille au monde alors Marie a vite été oubliée par les autres. J'ai une amie qui a mis au monde ces jumeaux. Il y en a un qui est très handicapé alors je me dis parfois que j'ai peut-être eu de la chance. Courage très sincèrement, soyez proche tous les deux (le papa et vous). C'est très important.
Je me dis que le destin l'a décidé. Il y a une raison. Mais j'essaye d'en parler assez souvent pour que mon entourage ne les oublie pas. Ils font partis de notre famille à jamais. Je suis une battante mais parfois, il y a une petite baisse de régime. A bientôt et une affectueuse pensée à tous nos petits anges.
C'est très difficile et personne ne peut savoir ce que vous ressentez. Il faut en parler et vous projeter dans une autre grossesse. Ca vous aidera sans pour autant l'oublier. D'ailleurs, il ne faut pas. Ca fait partie de votre vie. Vous allez en sortir plus forte et voir la vie autrement. J'ai vécu aussi un drame. J'ai accouché d'un bébé sans vie à 6 mois toute seule chez moi. J'ai pris soin de l'envelopper dans un linge et suis partie à l'hôpital. Et là, ils l'ont jeter sans faire d'examens... C'est dur mais que faire ? Maintenant, j'ai deux magnifiques garçons. Bon courage.
Je n'ai pas vécu cela, ni aucun de mes proches. Mais je me permets de vous parler car je suis peinée par votre cas. Je ne sais pas ce que l'on peut ressentir même si j'imagine ce que cela peut faire. En tout cas, ne vous posez pas trop de questions sur le pourquoi du comment, malheureusement la nature est bien faite et si vos enfants n'avaient pas la force de vivre en bonne santé, la nature a fait son travail. Vous arriverez à avoir d'autres enfants. Ne les oubliez pas mais avancez. Vous serez sûrement une bonne mère et aurez assez de force pour aimer tous vos enfants.
Comme Vanessa, j'ai perdu mes premiers jumeaux à 4 mois de grossesse. On savait ce qu'ils avaient : le syndrome de transfuseur-transfusé. Ca arrive à un quart des grossesses monozygotes et c'est tombé sur nous. Les docteurs nous ont dit que c'était mieux ainsi parce qu'ils auraient peut-être été gravement handicapés. Mais pour nous qui avions essayé d'avoir des enfants depuis 10 ans, c'était le traumatisme de notre vie. Ca a été très dur et personne n'était là pour nous comprendre vraiment. Aujourd'hui, nous avons d'adorables petites jumelles dizygotes. Nous sommes très heureux mais jamais nous n'oublierons nos petits garçons qui avaient déjà un prénom et nous serons toujours tristes en pensant à eux. Courage à vous.
Voici 10 ans déjà que nous avons décidé d'interrompre ma grossesse de 7 mois car les médecins avaient décelé une malformation cérébrale, avec une chance sur deux pour que notre fils soit un \"légume\". Nous avions déjà 2 filles de 5 et 7 ans. Nous avons ressenti de la culpabilité de décider d'arrêter la vie d'un enfant, en ayant un doute, car les médecins restent très flous et ne prennent aucunes responsabilités. Le soir même je sortais de la clinique, et décidais que j'allais m'en sortir. Heureusement que j'avais mes deux filles qui m'ont tirée vers l'avant. Un an après, je suis tombée enceinte d'un autre petit garçon, il ne remplace personne, mais m'a aidée à ne pas rester sur un échec. J'y pense souvent, une partie de moi est triste à jamais avec cet enfant disparu, mais il faut se dire que cela aurait pu être pire. Soyez courageuse, le temps fera les choses, et parlez beaucoup de vos bébés, moi je dis toujours que j'ai 4 enfants.
Karine, comment avez-vous supporté cette deuxième grossesse et en plus gémellaire ?Psychologiquement, ça doit être éprouvant ?
Un an après le début de ma 1ère grossesse, je retombais enceinte de jumeaux (à 4 jours prêts la même date). Le destin est étrange parfois... J'étais à la fois terrorrisée (le papa encore plus) et en même temps, j'avais l'impression qu'on m'offrait une seconde chance. Entre temps, j'ai changé de gynéco. J'ai été très suivie : toutes les 3 semaines, j'avais rendez-vous. J'ai été arrêtée à 1 mois de grossesse, allitée à la maison puis hospitalisée les 2 derniers mois. J'ai réussi à tenir jusqu'au terme pour des jumeaux : 8mois. Incroyable. Je remercie de tout coeur mon gynéco qui nous a soutenus et le service de grossesse pathologique. Aujourd'hui, je suis l'heureuse maman de Romane et Victor. Le fait d'avoir traversé cette très douloureuse épreuve nous fait relativiser tous les petits tracas de la vie quotidienne, on ne voit que les bons côtés. C'est une belle revanche. Je suis sûre que vous serez la plus merveilleuse des mamans.
Mon parcours ressemble énormément à celui de Vanessa, à la différence que je n'ai été arrêtée qu'à 5 mois. Je suis enseignante de maternelle et je voulais tenir jusqu'à la fête de Noël de mes élèves. L'annonce d'une deuxième grossesse gémellaire a été une grande joie pour moi, ça aurait été dur d'accepter qu'il n'y ait qu'un seul embryon. Mon mari était lui très inquiet après tout ce que nous avions vécu. Mais c'était différent car c'était des dizygotes. La grossesse a quand même été très difficile psychologiquement. Lors des visites médicales, nous pensions toujours au drame que l'on pouvait nous annoncer. J'ai été hospitalisée à 6 mois pour une menace d'accouchement prématuré et là nous avons eu très peur que tout soit à nouveau terminé. J'ai fini la grossesse difficilement, épuisée. L'important, c'est que maintenant nous sommes les plus heureux du monde, même si nous pensons souvent à nos premiers petits anges.
Je me retrouve complètement dans le témoignage de Karine. C'est vrai que j'ai été arrêtée très tôt. Mais à un mois, je perdais du sang et on a pensé que je faisais une fausse couche. Quand je suis arrivée en urgence c'est là qu'on a su qu'il y avait 2 embryons. Fausse couche d'un ou des deux embryons ? Perte de sang anodine ? La 2ème grossesse a très mal commencée. Finalement les deux ont tenu bon. Quelques semaines plus tard, en mesurant la clarté nucale des bébés, on nous dit qu'il y avait un risque sur 43 pour que l'un des deux soit atteint d'une grave maladie génétique. J'ai donc eu une amniosynthèse le lendemain de Noël. Finalement, 3 semaines plus tard, les 2 bébés étaient en bonne santé. La 2ème grossesse s'annonçait plus mal que la 1ère et puis finalement, mes 2 enfants sont là en pleine forme. Pour connaître le bonheur d'être mère, je pense qu'on est toutes prêtes à déplacer des montagnes.
Vous n'oublierez pas ces enfants, et c'est bien ainsi. J'ai été sage-femme durant 40 ans et ai tenté d'accompagner des couples vivant ce deuil encore plus délicat lorsque la décision est liée à une grossesse multiple. Peut-être n'aurez-vous jamais de réponse quant à l'étiologie de votre accouchement très prématuré. La seule chose que je peux vous transmettre de ce que les parents m'ont appris est qu'il faut (malgré tout) faire, est garder confiance en la vie. Amicalement.
Un grand merci à toutes pour vos réponses et le soutien que vous avez pu m'apporter.
Autorisez-vous à pleurer. J'ai vécu à peu près la même épreuve : une fausse couche à 3 mois, un accouchement prématuré à 5 mois d'une petite fille et ensuite à 27 semaines, la naissance de Nicolas et Marie qui sont partis l'un après l'autre. En 1981, la médecine n'était pas aussi avancée. Je n'ai pas pleuré pour éviter le chagrin aux miens. Avec mon mari, nous n'avons pas eu le courage de dire notre chagrin et d'entendre la peine de l'autre. J'ai refusé la psychothérapie conseillée par l'hôpital. J'ai mis presque 20 ans à faire le deuil. Faites-vous aider et aimez-vous très fort tous les deux. Un jour, tout comme moi, vous serez maman de 2 enfants de 25 et 20 ans. Personne ne peut comprendre sans avoir vécu la perte de nos bébés qui n'ont pas d'histoires, ni de photos de baptême. Courage.
Sachez que vous n'êtes pas la seule dans cette situation. J'ai également perdu ma fille qui n'avait que 4 jours. Je me suis sentie seule et perdue. Heureusement que ma famille et mes amis m'ont soutenue. Mais la seule chose qui m'a donné du courage, c'est de garder la foi et de faire confiance en Dieu. J'ai maintenant deux magnifiques enfants qui me donnent beaucoup d'amour et de satisfaction. Je suis une maman comblée. Ayez confiance et vous verrez, un jour, vous serez de nouveau maman.
J'ai moi aussi accouché d'une petite fille décédée in utéro. C'est très dur d'autant que l'entourage ne comprend pas toujours. J'ai entendu beaucoup de commentaires pas forcément réconfortants. On ne l'oublie pas, même si j'ai eu la chance d'avoir un autre enfant. Ce bébé est irremplaçable. Un an après cette perte douloureuse, nous avons décidé d'avoir un autre bébé. Cela a été neuf mois d'angoisse mais aujourd'hui, c'est un grand bonheur. J'ai eu la chance d'avoir une photo de mon bébé. Elle est exposée avec celle de mes autres enfants. Je dis toujours que j'ai 4 enfants et ma petite dernière sait qu'elle a une soeur au ciel. Vous n'oublierez jamais mais il faut savoir faire le deuil pour avancer. Je vous souhaite bonne chance pour la suite !
Bonjour Aurélie, Je comprends tout à fait ta détresse pour avoir vécu 2 fois ce réel drame de perdre un enfant avant la naissance. C'était en 1990 et 1992, je n'ai vraiment fait le deuil qu'il y a peu de temps... Je me permets de te conseiller l'association \"petite Emilie\" qui pourra t'apporter beaucoup d'aide et de compréhension. Toute parole échangée ne peut être que bénéfique, je te souhaite beaucoup de courage, bien amicalement.