Ma fille de 7 ans me dit qu'elle ne m'aime pas...

1968-Pascal 1 Messages postés jeudi 18 juin 2015Date d'inscription 18 juin 2015 Dernière intervention - 18 juin 2015 à 16:15 - Dernière réponse :  Lixelle
- 25 juin 2015 à 13:48
Bonjour à toutes et à tous,

Je me présente : je suis le papa d'une petite puce de 7 ans et suis séparé de la maman de ma fille depuis 4 ans (2011). Ma fille a sa résidence principale chez elle et j'ai un DVH de 1 WE sur 2 et 1 mercredi sur 2.
J'ai refait ma vie rapidement après notre séparation, mais je ne vis pas encore avec ma compagne.

J'aurais besoin de savoir si d'autres parents ont vécu quelque chose de similaire à ce que je vis actuellement et de savoir comment ils ont fait pour gérer cette crise (que j'espère passagère...).

Je dois préciser que les rapports avec mon ex compagne sont... indescriptibles. Mon ex ne me parle pas (même pas pour me transmettre des information lorsque notre enfant est malade) et n'arrête pas de me dénigrer (ainsi que ma famille en générale) en présence de notre enfant, voire de dire des choses négatives, à, notre enfant (genre "ton papa est un c***ard"), et ce, depuis que nous sommes séparés.
Pour ma part, je peux assurer que je n'ai jamais tenu le moindre propos dénigrant sur mon ex ou sa famille, devant et encore moins à, notre enfant. C'est trop destructeur pour un pitchoune...
Je pense en effet qu'un enfant a autant besoin de sa maman que de son papa... même séparés. Mais c'est ma vision des choses...

Jusqu'à récemment notre fille était d'un naturel plutôt joyeux et facétieux. Mais il y a quelques mois, alors qu'elle se trouvait chez moi (c'était pour les vacances de février), notre fille a fait... je ne sais pas comment le qualifier.. une "crise" terrible, quelques jours avant de rentrer chez sa maman.
Elle a commencé à dire qu'elle avait peur de se "faire gronder et punir par maman", pour une bêtise, dont je ne me souviens même plus, tellement elle était sans importance, alors qu'avant ça notre fille était plutôt du style à rigoler de ses bêtises en nous les racontant...

Je l'ai bien-sûr rassuré, mais rien n'y faisait. Je lui ai également demandé comment ça se passait chez sa maman lorsqu'elle faisait une bêtise, si elle était punie, grondée, que sais-je encore. Mais rien ne m'a paru disproportionné dans les réactions de sa mère (les punitions, c'est genre, le coin, ou encore interdiction de tv... et jamais de fessées... tout comme chez moi).
Le jour du retour s'approchant, les crises se sont amplifiées (plusieurs fois par jour, avec toujours les mêmes angoisses).
Le samedi, jour du retour, elle pleurait tellement fort, que je lui proposé d'appeler sa maman pour lui raconter la fameuse bêtise et elle a accepté.
Au téléphone, j'ai expliqué ce qui se passait (pas devant ma fille) à mon ex, puis, devant notre fille j'ai raconté la bêtise. Mon ex a rassuré notre puce. Jusqu'au retour chez sa maman, notre fille était dans un état normal et apaisé...

Les jours passant, et les crises de larmes s'amplifiant (avec des hurlements où elle disait "j'en peux plus...!!! à l'aide...!!!"), y compris lorsqu'elle était chez la maman, avec mon ex, nous avons décidé de l'emmener voir une pédopsy. Elle a obtenu un rdv presque 1 mois plus tard et actuellement, elle ne voit la psy (malheureusement) qu'une fois toutes les 3 à 4 semaines, car trop de rdv.

Cette phase du "je n'en peux plus" est passée. Mais ma depuis ce temps notre enfant utilise systématiquement les mots "je crois" (voire, je crois que je pense...) au début de chaque phrase. Y compris pour les choses où il ne devrait pas y avoir d'ambiguïté...! du genre j'ai faim, j'ai soif, j'ai sommeil, j'ai mal, j'aime ou j'aime pas... chez notre fille ça donne "je crois que j'ai faim", "je crois que j'ai sommeil", ou même "je crois que j'ai mal"...(!)

Depuis maintenant un peu plus d'un mois, ma fille a commencé à me dire assez régulièrement qu'elle ne m'aime pas... même lorsqu'il n'y a pas eu d'événement qui pourraient entre guillemets "l'expliquer" (que je ne lui ai par exemple pas donné ce qu'elle aimerait, ou sans que je l'ai grondé pour une quelconque bêtise).
Moi, je lui réponds systématiquement des choses comme "moi je t'aime mon coeur et je t'aimerai quoi qu'il arrive"... mais rien ne change...

De plus, elle est dans une phase de défiance permanente...

Très honnêtement, je ne sais plus quoi faire et comment réagir à ces mots... en plus ils font un mal de chien...
Mon ex quant à elle, malheureusement, ne fait aucun effort de plus pour que les choses puissent s'arranger ou s'apaiser....

Alors toutes les remarques et suggestions seront les bienvenues...
Merci d'avance pour ceux et celles qui m'auront lu.
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5 réponses

cecileinparis 14 Messages postés lundi 7 juillet 2014Date d'inscription 18 mai 2018 Dernière intervention - 25 juin 2015 à 09:41
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Merci
Vous êtes visiblement un papa très concerné et impliqué dans l'éducation de son enfant. Je pense que vous avez fait tout comme il fallait et que votre attitude est la bonne. Il faut peut-être attendre un peu avant que les séances chez le psy fassent effet et savoir ce qui pose problème à votre fille. Peut-être faudrait-il trouver un psy plus disponible afin que les séances puissent être hebdomadaires.
En ce qui concerne le dénigrement de votre ex envers vous, heureusement les enfants sont très malins, votre fille a atteint "l'âge de raison" et arrive surement à faire la part des choses.
Continuez à dire à votre fille que vous l'aimez, sa provocation en vous disant qu'elle ne vous aime pas cherche surement à engendrer vos déclarations d'amour envers elle, ça montre qu'elle a besoin de l'entendre encore et encore.
Enfin, ne vous oubliez pas dans tout ça, ne négligez pas votre compagne actuelle et cultivez votre propre bonheur.
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Merci
Bonjour,

C'est difficile de vous répondre précisément car la situation a l'air compliquée et évidemment nous n'avons pas tous les éléments en main, mais il y a plusieurs choses qui attirent mon attention:

- en premier lieu, pourquoi vous contenter d'un pédo-psy une fois par mois, au lieu de voir un psy chaque semaine? Il peut y avoir un argument économique, mais d'un autre côté, si vous avez les moyens, ça vaut vraiment la peine de créer une relation de confiance qui permettra à votre fille de relâcher la pression

- la tension de votre fille peut très bien venir de l'espèce d'écartèlement qu'elle sent peut-être entre ses sentiments pour sa mère, et ses sentiments pour vous. Imaginez un moment que par exemple elle ait entendu sa mère dire des choses comme "la plus grosse bêtise de toute ma vie, c'est d'avoir épousé ton père" ou bien "le jour où j'ai recontré ton père, j'aurais mieux fait de me casser une jambe". Imaginez maintenant qu'elle ait été en vacances chez vous, et qu'elle se soit rendue compte qu'elle avait beaucoup de plaisir à être avec vous et qu'elle vous aimait. Les enfants sont logiques, même sur le plan inconscient, et cela pouvait lui créer un conflit d'intérêt insupportable: comment aimer Papa et Maman en même temps? N'est-ce pas une grosse bêtise aussi? Ou une grosse trahison?

- sur un autre plan: comment votre fille peut-elle envisager sa propre existence si sa mère exprime par exemple un refus de relation avec vous? Selon le vocabulaire et les mots employés, votre fille peut avoir la sensation que votre ex regrette de vous avoir connu, donc regrette de l'avoir pour fille. Elle peut aussi ressentir la pression/culpabilité de forcer le maintien d'une relation entre vous deux. Elle peut avoir la sensation que si elle cessait d'exister, elle libèrerait sa mère de la nécessité d'avoir cette relation avec vous.

- est-il possible que certaines "bêtises" de votre fille soient reliées à un caractère "héréditaire" de votre côté? Une certaine maladresse ou étourderie ou distraction, qui pourrait avoir fait dire à sa mère: "tu es bien la fille de ton père!" (et pas franchement sur un plan admiratif...)

- l'expression d'une absence de sentiments envers vous peut venir comme un mécanisme de défense face à ce genre de raisonnement, comme une stratégie inconsciente de survie: "si je ne l'aime pas, peut-être que Maman ne regrettera pas de m'avoir eu avec lui?"

- enfin, je crois que vous pouvez être très fier que votre fille ait cette liberté avec vous, cette confiance pour vous dire qu'elle ne vous aime pas. Tenez compte du fait que ce ne sont que des mots, et qu'il y a fort à parier que votre réaction à ces mots est d'une importance capitale pour lle, même si elle ne le montre pas. En ce qui concerne l'enfance, rappelez-vous toujours cette phrase: "aime-moi quand je le mérite le moins, car c'est là que j'en ai le plus besoin". Cela n'ôte pas la fermeté et le maintien des limites. Elle vous donne des signaux d'alertes pour vous faire comprendre que ce n'est pas vrai: le3 plusw souvent elle ne vous le dit pas en situation où vous pourriez trouver ce "je ne t'aime pas" justifié. C'est très important de bien l'entourer et accueillir ses émotions, surtout quand elle n'est pas "aimable", et de lui faire sentir que vous la voyez comme elle est, et non comme "la fille de votre ex". Des fois, les enfants testent les limites, mais au fond il ont une véritable terreur que vous les abandonniez à ce moment-là, c'est à la limite du désespoir. Imaginez qu'à chaque fois qu'elle vous dit ça, en réalité elle vous dit "Papa, ne me lâche pas!..." Et puis c'est une litote qu'elle emploie là, une figure de style... Elle ne dit pas "je te déteste"...

- enfin, si vous voulez lire un livre merveilleux sur l'écoute des sentiments, je vous conseille vivement "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent", de Faber et Mazlish. Il se lit très facilement, et c'est une vraie mine d'or pour les relations parents-enfants.

Bon courage!
Merci pour cette analyse fine et détaillée
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Merci
Bonjour,
Votre histoire m'a fait de la peine, ça doit être terriblement dur à entendre dans la bouche de son propre enfant !
A mon avis votre fille est un peu perdue suite à votre rupture avec sa mère, même si elle est ancienne (mais toujours d'actualité dans sa vie vue l'aigreur de sa mère). Le fait qu'elle ne soit même plus sûre de ses propres sensations me semble très révélateur. Elle ne se sent peut être pas "autorisée" a vous aimer alors que sa mère ne vous aime plus et vous dénigre, elle a l'air prise dans un conflit de loyauté.
C'est une bonne idée de lui répondre que vous, vous l'aimez toujours, mais avez vous pensé à lui demander pourquoi elle vous dit cela, voire même à lui dire que ces paroles vous rendent tristes ? A son âge elle peut être capable de verbaliser pas mal de choses.
C'est dommage que sa mère ne fasse rien pour arranger cela de son côté, elle se rend pas compte que c'est son enfant qui souffre le plus ? J'espère pour vous et pour la petite que l'aide du psy finira par porter ses fruits...
Je vous souhaite bon courage !
Vous pouvez aussi varier les réponses quand elle dit qu'elle ne vous aime pas, en lui répondant qu'elle a tout à fait le droit, car on ne peut obliger personne à aimer une autre personne. Et que peut-être vous même, étant enfant, vous avez parfois détesté vos parents! Et que presque tous les enfants rêvent parfois d'avoir d'autres parents... Et lui demander, à elle, qui elle voudrait avoir pour papa, à votre place... Cette situation peut deboucher sur une conversation très drôle entre vous, qui fera retomber la pression.
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